La plus grande course au monde de portant puis de près

29  Aoû.  2017 -  11h 31

Le 17 juin 2018 sera donné le départ de la 6ème  édition de la Groupama Race, une course au paradis, jugée « tactique et magique ».

Pendant  2 à 5 jours, la flotte de mono et multicoque tourne autour de la  Nouvelle Calédonie, un joyau du pacifique Sud Ouest.  « Il fait presque tout le temps beau. Le pays est magnifique, encore très sauvage, peu habité avec d’immenses espaces totalement vierges. Avec des lagons, des récifs, des petits ilots, du sable, du corail, et tous les petits poissons des aquariums ! » Invité sur l’édition 2016, Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe a été emballé par  la Nouvelle-Calédonie, une île « sauvage et enchanteresse », avec « des gens souriants qui prennent le temps de se dire bonjour ! »

Une course au large et côtière – photos parade départ

Pourtant sur la Groupama Race, les marins locaux et étrangers n’ont pas vraiment le temps de discuter, à peine de se saluer. « On file à plus de 30 nœuds » confiait au premier jour de course, le néo-zélandais Simon Hull, skipper et propriétaire du catamaran Orma 60 Vodafone. Placée exactement dans l’axe de l’alizé, la Groupama Race est à la fois une course au large et côtière qui offre aux marins la possibilité de jouer avec la météo et la navigation pour tirer leur épingle du jeu. Pour Michel Desjoyeaux, « La Groupama Race est une banane Olympique à l’échelle d’une ile ! ».

Latitude 22°sud

Son parcours est simple : Départ Nouméa, arrivée Nouméa avec seulement deux points de passage obligés, dans l’extrême Nord.  Après une parade, l’enroulée d’une bouée sous spi devant un public nombreux et conquis, les bateaux naviguent 30 MN au près jusqu’au Canal Woodin. Courants, mascarets, effets de côtes, les y attendent.

300 MN, 600 km de surfs sous spi

Le point Sud de la Nouvelle-Calédonie passé, 24h à 48h de spi sont au programme*. « Poussé par l’alizé, surfant les vagues, éclairé par la Lune, c’est tout simplement  magique » confiait Alain Vilas, le skipper calédonien du catamaran Birdies Furax 2. Même feeling sur le monocoque Crusader de Antony Leighs : « Sensationnel !  Surfer les vagues comme nous l’avons fait le long de la côte Est était magique. C’est quelque chose que je n’oublierais jamais. On a enchainé des cessions hyper rapides de glisse. Il faudra qu’on revienne ! ». Une navigation loin de tout repos. Selon le marin Hongkongais, Karl Kwok, propriétaire du maxi Beau Geste « on Jibe* beaucoup pour éviter les récifs »

« C’est notre Cap Horn »

Car une fois dans le Grand Nord, une phase de transition attend les marins sur 35 MN : Le Grand Passage ! La mer peut y être croisée, les vagues, le vent et le courant augmenté. Pour les Calédoniens, « c’est notre Cap Horn », où la vie sauvage y est reine, avec des bancs de thons, baleines ou raies manta.

300 MN au près, De 1000m à 2m sous la quille

S’ensuit une remontée au vent de 24 à 48 heures parfois plus, trempés par des vagues à 26 degrés.  « Cela a quelque chose de spécial, tu passes en quelques instants de plus de 1000m de profondeur  à quelques mètres sous ta quille,  devant toi les vagues déferlent sur le récif, et à 200 m devant, une plage de sable blanc… Il faut être vigilant pour naviguer au paradis ! » nous explique David Witt, l’actuel skipper du bateau Hongkongais Scallywag engagé dans la Volvo Ocean Race « au retour, quand tu rentres enfin dans le lagon, c’est merveilleux ! »

La French Touch du Pacifique

Face au vent, longeant le récif au plus près  de la côté Ouest, certains marins tentent de se protéger des vagues et de trouver une mer plate. D’autres essayent des options au large, avant de rentrer dans le lagon par l’une des 3 passes, et rejoindre ainsi Nouméa, son ambiance, son accueil et sa « French touch » uniques du Pacifique. 

Pour résumer

Anthony Leighs, qui vient de participer au Fastnet,  dispense son conseil à tous les marins du globe « Allez y ! C’est un endroit du monde exceptionnel, une course fantastique, et pas simple. Le retour au près pendant près de deux jours est compliqué, l’environnement  y est exceptionnel : c’est une régate très complète ! »


*1 Vodafone : actuel détenteur du record de la course (2 jours 33mn).
*2 dans des conditions de vent « normal » de type Alizés,
*3 Jiber : empanner
*4 détenteur du record de l’épreuve en monocoque avec le maxi de 100 pieds Scallywag (2jours 13h).

300 MN, 600 km de surfs sous spi
300 MN, 600 km de surfs sous spi @ Patrice Morin
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