Les Calédoniens prêts pour l’Aventure

17  Avr.  2018 -  03h 03

Un peu plus d’un tiers des bateaux et marins engagés dans la prochaine Groupama Race sont Calédoniens. Ces équipages d’amateurs passionnés prendront le départ aux côtés de régatiers étrangers parfois professionnels ou semi-professionnels. Et si à 2 mois du départ, tous rêvent déjà d’embruns et de longs surfs sous spi, ils savent aussi que « cette course au paradis » est « un longue route » semée d’embuches. Car si certains jouissent d’une expérience certaine, d’autres se lancent dans l’Aventure pour la première fois.

« Cette année, c’est pour nous la course du renouveau, avec un équipage reconstitué et des débutants ». Patrick Baldi est le co skipper de Keel Bill, le monocoque calédonien le plus rapide. Un prototype jaune de 35 pieds (10,6m) dont la quille est mobile comme sur les bateaux du Vendée Globe. En 2014, alors que Franck Cammas, le parrain de l’épreuve et marin français le plus titré de sa génération, était à bord, il s’était fait « voler » la victoire en temps réel par les Néo-Zélandais de Crusader. En 2016, Keel Bill Leblanc Illumination remportait l’épreuve en temps compensé dans sa classe (ORC1).

La voile : un sport mécanique

« La voile en régates, c’est comme la course automobile » explique Patrick Baldi. « Une course entre deux bouées pourrait être comparée à une compétition de Formule 1, tandis qu’une course au large comme la Groupama Race s’apparente à un Rallye Raid. Il y a peu de points de passages obligés, des conditions météos différentes selon les itinéraires choisis et des possibilités de crevaisons ou panne moteur ».

Et au sein même de ce « rallye raid des mers », différents engins s’affrontent. Le multicoque - plutôt à plat - pourrait être comparé à une voiture, et le monocoque – souvent à la gite – à une moto. « Nous, nous sommes sur une bonne 125 cm3, on a la trousse à outils dans le sac à dos et peu de moyens Et notre objectif est d’être le premier monocoque calédonien à passer la ligne d’arrivée ». Et comme dans les rallyes, les voitures qui vont souvent plus vite que les motos, n’ont donc pas les mêmes conditions de course. Qu’importe, Patrick, comme tous les marins calédoniens engagés, suit ses propres rêves et objectifs.

A chaque monture, son Aventure.

Christophe Galien est le skipper d’Untouchable, un Farr 1020 (monocoque NZ de 10m). C’est la première fois qu’il s’engage avec son propre bateau. « J’y pense depuis que je l’ai acheté il y a 4 ans. A l’époque le bateau n’était pas prêt. Il y a deux ans, c’est l’équipage qui n’était pas assez préparé. Aujourd’hui tout est bon ! » Et si le grand jour approche, la pression est déjà bien palpable. Préparation du bateau et de l’équipage : la charge de responsabilités est présente dans son esprit depuis ces 4 années. « Maintenant que le bateau et l’équipe sont prêts et performants, on espère faire un podium en ORC 3. »

Si pour tous, participer à la Groupama Race est un challenge, pour l’équipage du Défi des Filles-Dove, ce sentiment est démultiplié. Pour la première fois en 6 éditions, un équipage entièrement féminin participera à la course. « J’ai toujours du mal à y croire, pour nous toutes c’est un sacré défi », confie Christine Gaillard, l’une des chefs de projet. Car une fois le bateau et le partenaire trouvés, il faut réunir les talents : « Il y a plus d’hommes que de femmes qui naviguent, le réservoir d’équipières est donc plus limité. Mais s’il est clair que nous avons moins de force physique pour les manœuvres, ce n’est pas le cas pour l’endurance. » Christine, Sandrine, Léa, Anne, Laureen, Mathilde, Sophie… sont motivées et passionnées. « J’adore être au large, en mer, c’est l’Aventure » conclut Christine qui a déjà hâte de prendre le départ.

« Mes potes et mon bateau…c’est ce que j’aime »

A bord de Split Entz, l’un des deux catamarans calédoniens engagés, « on y va pour le fun ». Pour Georges Auteret, et ses 3 co-equipiers la recette tient en deux ingrédients « « Mes potes et mon bateau !» Et malgré 3 participations et beaucoup d’expérience Georges considère que cette course n’est pas facile : « en portant, il faut envoyer de la toile, et le retour au près avec plus de 35 nœuds comme en 2014, ça use… Mais c’est ce que j’aime ! »

4 équipiers à bord de ce catamaran rose de 12 mètres, contre 10 à bord de Eye Candy. Thierry le Seigneur en est également à sa 4ème participation. « On fait toutes les régates de la saison, on est prêt. Nous serons 10 car je n’ai pas réussi à faire de sélection. J'aurais été embêté de laisser un équipier à Nouméa., et tous ceux qui se sont entrainés veulent s’engager. Leur objectif est clair « se mesurer à des bateaux identiques et arriver avant Guilty Pleasures, leur sister ship* calédonien ». Leur peur, ils n’en ont pas vraiment : « On navigue en flotte, souvent à vue. Le bateau est sûr, bien équipé. L’équipage est bien préparé. Même si tout reste possible car c’est une course au large. ».

By Matthias Balagny/Turtle Com

*bateaux identiques. Tous deux sont des Sydney 38

Les monocoques calédoniens engagés :

Bateau Immatriculation Design Long. Propriétaire
BNC Leon FRA JPK 10,8 10,8 Michel Quintin
Boulègue F5191 Young 9,9 10,2 Vincent Trinquet
Défi des Filles-Dove Young 11 11 Christine Gaillard
Sandrine Gravier
Eye Candy FRA 9777 Sydney 38 11,75 Thierry Leseigneur
Guilty Pleasure FRA 43 733 Sydney 38 11,78 Renaud Gerardin
Heremana Malmezac
Keel Bill FRA 9163 Shaw 35 10,65 Patrick Baldi
Mo Chauvin
Untouchable FRA 6470 Farr 10,2 10,2 Gallien Christophe

Les catamarans calédoniens engagés :

Bateau Immatriculation Design Long. Propriétaire
Birdies Furax² FRA 9785 Cata 15,5 Alain Vilas
Split Enz Cata 12,2 Georges Auteret
Départ sous spi.
Départ sous spi. @Mas/GroupamaRace
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